Semaine nationale des personnes proches aidantes 2026

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Montérégie, le 2 novembre 2026 – Il y a les rendez-vous inscrits dans l’agenda. Les appels auxquels on répond toujours, même quand on est au travail. Les nuits où l’on se réveille pour vérifier que tout va bien. Les sorties que l’on annule parce qu’on ne peut pas laisser son proche seul. Les heures de travail que l’on réduit. Les journées que l’on manque. Les enfants dont il faut aussi s’occuper en rentrant à la maison. Et, au milieu de tout ça, la vie qu’on essaie de continuer à vivre.

Ça aussi, c’est la proche aidance.

À l’occasion de la Semaine nationale des personnes proches aidantes, le Réseau Aidance Montérégie souhaite mettre en lumière cette partie de la proche aidance dont on parle encore trop peu : celle qui se glisse partout dans la vie quotidienne et qui, peu à peu, peut prendre énormément de place.

Aux yeux du Réseau, la place accordée explicitement à la prévention au sein des responsabilités ministérielles constitue un signal particulièrement encourageant pour les prochaines années. Prévenir, c’est agir en amont, soutenir les personnes avant l’épuisement et reconnaître que la santé et le bien-être se construisent aussi dans les familles, les communautés et les milieux de vie.

La proche aidance ne se vit pas seulement sous un même toit 

Être proche aidant, ce n’est pas nécessairement vivre avec la personne que l’on accompagne.

C’est parfois installer des caméras chez sa mère qui vieillit parce qu’elle fait des chutes et qu’on veut pouvoir vérifier qu’elle va bien.

C’est recevoir plusieurs appels par jour d’un parent qui perd peu à peu ses repères. C’est gérer à distance les rendez-vous médicaux, les prescriptions, l’épicerie, les déplacements, les factures ou les services.

C’est appeler une résidence pour comprendre ce qui s’est passé, poser des questions sur les soins ou tenter de savoir pourquoi son proche semble soudainement différent.

C’est aussi accompagner son proche chez le médecin, expliquer les changements observés depuis des semaines, parler de ses inquiétudes et parfois repartir avec le sentiment que ce que l’on voit au quotidien n’a pas été pleinement compris parce que, pendant les quelques minutes de la consultation, le proche semblait aller bien.

Et puis il y a cette inquiétude difficile à déposer : sentir que quelque chose ne va pas. Voir son proche confus. Le savoir en douleur. Chercher une réponse, appeler, expliquer encore, tenter de faire entendre ce que l’on observe et ne pas toujours savoir comment le soulager.

La proche aidance, c’est aussi porter une vigilance presque constante que les autres ne voient pas.

Quand prendre soin transforme toute une vie

Pour certaines personnes, la proche aidance arrive progressivement avec le vieillissement d’un parent. Pour d’autres, elle commence beaucoup plus tôt.
Ce sont des parents qui accompagnent un enfant en situation de handicap et qui doivent, au fil du temps, réinventer le futur qu’ils avaient imaginé. Avec beaucoup d’amour, bien sûr, mais aussi avec des questions très concrètes : Qui prendra soin de mon enfant lorsque je ne pourrai plus le faire? Quelle autonomie sera possible? Quels services seront disponibles? Comment préparer l’avenir?
Ce sont également des jeunes qui grandissent aux côtés d’un frère ou d’une sœur ayant des besoins particuliers et qui, parfois presque naturellement, deviennent progressivement une présence essentielle, un point de repère, puis un pilier.
Ce sont aussi ces adultes pris entre deux générations : leurs enfants ont encore besoin d’eux, pendant que leurs parents vieillissent et nécessitent de plus en plus de soutien.
Entre la réunion de 9 h, le rendez-vous médical de 10 h 30, l’appel de l’école, le suivi avec la résidence, le souper à préparer et le prochain rendez-vous à organiser, il reste parfois bien peu d’espace pour eux-mêmes.
Certains réduisent leurs heures de travail. D’autres s’absentent, refusent une occasion professionnelle ou utilisent leurs journées de congé pour accompagner un proche ou gérer une urgence. Et souvent, ils continuent simplement à jongler.

Derrière tous ces gestes, il y a aussi une personne

« Quand on parle de proche aidance, on parle beaucoup de tout ce que les personnes proches aidantes font pour leur proche. J’aimerais qu’on parle aussi de ce que cela exige d’elles. De cette charge mentale qui suit jusque dans le lit le soir. De cette inquiétude quand le téléphone sonne. Des horaires de travail réorganisés, des rendez-vous, des enfants, des parents vieillissants, des décisions difficiles et parfois de cette impression qu’on doit toujours rester en alerte. Prévenir l’épuisement commence par reconnaître cette réalité-là. »

Car derrière la personne proche aidante, il y a une personne qui a, elle aussi, une santé, une famille, un emploi, des besoins, des projets et des limites.
La reconnaître ne signifie pas seulement la remercier pour tout ce qu’elle fait. Cela signifie aussi lui demander : « Et vous, comment allez-vous? »

Et autour de la personne proche aidante, la vie continue aussi

À force de parler de tout ce qu’une personne proche aidante fait pour son proche, on peut finir par oublier une chose fondamentale : sa vie ne se résume pas à son rôle de proche aidant.
Elle reste une amie, une collègue, un membre de la famille. Une personne qui a besoin de rire, de sortir, de parler d’autre chose, de recevoir un appel simplement pour prendre de ses nouvelles.
Pourtant, autour d’elle, quelque chose peut progressivement changer.

« Le téléphone ne sonne plus. On ne voulait pas te déranger tu dois être tellement occupée. Ils ne savent plus quoi nous dire… »

Témoignage de Claudette Savaria

Témoignage de Céline Monette

Cette phrase est simple, mais elle dit beaucoup. On n’appelle plus parce qu’on sait qu’elle est débordée. On hésite à l’inviter parce qu’on pense qu’elle ne pourra probablement pas venir. On se dit qu’elle a suffisamment à gérer. On veut respecter son espace.

Mais à force de ne pas vouloir déranger, on peut finir par laisser la personne proche aidante encore plus seule.

Soutenir une personne proche aidante, ce n’est pas nécessairement trouver une solution à la situation qu’elle vit. C’est aussi continuer à être là. Envoyer un message. Passer un coup de téléphone. Proposer un café, même si les trois dernières invitations ont été refusées. Demander non seulement « Comment va ton proche? », mais aussi « Et toi, comment vas-tu? »

Parce qu’avant d’être une personne proche aidante, et pendant qu’elle l’est, elle demeure une personne à part entière.
Durant cette Semaine nationale, le Réseau Aidance Montérégie lance donc cette invitation à l’entourage : n’arrêtez pas d’appeler. N’arrêtez pas d’inviter. N’arrêtez pas de demander comment la personne va. Même lorsqu’elle n’a pas le temps. Même lorsqu’elle décline. Même lorsque vous avez peur de déranger.
Parfois, savoir que quelqu’un continue de penser à nous est déjà une façon d’être soutenu.

Ne pas attendre l’épuisement pour agir

C’est précisément là que la prévention prend tout son sens.
Il ne devrait pas être nécessaire d’attendre qu’une personne proche aidante soit épuisée, en arrêt de travail ou incapable de continuer pour lui offrir du soutien.
Prévenir, c’est apprendre à reconnaître la proche aidance plus tôt. C’est écouter la personne lorsqu’elle exprime une inquiétude. C’est reconnaître son expertise de son proche. C’est lui faire connaître les ressources disponibles et l’orienter au bon endroit, au bon moment.
Cette année, le Réseau Aidance Montérégie a lancé RESPIRE, un guide de prévention de l’épuisement conçu pour aider les personnes proches aidantes en Montérégie à mettre des mots sur ce qu’elles vivent, à reconnaître certains signes et à connaître les ressources vers lesquelles se tourner.
Mais aucun guide, aucun service et aucun organisme ne peut, à lui seul, répondre à toutes ces réalités.

Pour une trajectoire de proche aidance plus humaine

Les personnes proches aidantes croisent, au fil de leur parcours, de nombreux professionnels et intervenants : dans le réseau de la santé et des services sociaux, dans les milieux de vie, dans les organismes communautaires et dans leur communauté.

Nous avons tous une partie de la réponse.

Pour le Réseau Aidance Montérégie, l’enjeu est donc de créer davantage de liens entre ces acteurs : mieux repérer les personnes proches aidantes, reconnaître ce qu’elles vivent, faciliter l’orientation et rendre les ressources communautaires plus accessibles tout au long de leur trajectoire.
La nouvelle appellation du ministère de la Santé, de la Prévention et des Aînés est accueillie avec intérêt par le Réseau Aidance Montérégie. Pour nous, la place explicite accordée à la prévention constitue un signal encourageant et renforce sa volonté de travailler avec le réseau de la santé et ses partenaires afin de développer des mécanismes permettant d’agir avant que les personnes proches aidantes atteignent leurs limites.

Et lundi prochain?

La Semaine nationale des personnes proches aidantes permet de mettre un coup de projecteur nécessaire sur leur réalité. Mais dimanche soir, la semaine se terminera.

La proche aidance, non.

Lundi matin, il y aura encore un rendez-vous à prendre.
Un téléphone à surveiller.
Un employeur à prévenir.
Un parent à appeler.
Un enfant à accompagner.
Une résidence à contacter.
Une inquiétude à gérer.
Et quelque part en Montérégie, une personne continuera à réorganiser sa journée autour des besoins de quelqu’un qu’elle aime, sans forcément se considérer comme une personne proche aidante.
Alors profitons de cette semaine pour parler de la proche aidance. Mais consacrons surtout les 358 autres

Parce que la proche aidance ne dure pas une semaine. Elle se vit 365 jours par année.

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